Les unités de compte (UC) sont les supports d’investissement d’un contrat d’assurance-vie ou d’un PER, autres que le fonds en euros. Investies sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier, fonds), leur valeur fluctue à la hausse comme à la baisse. En application de l’article L. 131-1 du Code des assurances, l’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte, non sur leur valeur : le capital n’est pas protégé et une perte est possible. C’est la contrepartie d’un potentiel de performance supérieur à celui du fonds en euros.
L’essentiel en chiffres (2026)
| Donnée | Valeur 2026 |
|---|---|
| Cadre légal | Article L. 131-1 du Code des assurances |
| Capital | Non protégé — risque de perte |
| Ce que l’assureur engage | Le nombre d’unités, pas leur valeur |
| Supports possibles | Actions, obligations, SCPI, OPCVM, ETF, produits structurés |
| Prélèvements sociaux (assurance-vie) | 17,2 % en 2026 — maintenus, quand PEA et PER passent à 18,6 % |
| Moment du prélèvement social | Au rachat, non chaque année (contrairement au fonds en euros) |
| Horizon recommandé | Long terme (8 ans et plus) |
| Cadre de souscription | Assurance-vie et PER, contrats multisupports |
À quoi servent les unités de compte ?
Les unités de compte permettent de diversifier un contrat d’assurance-vie au-delà du fonds en euros, dont le rendement reste limité (2,6 % en moyenne en 2025 selon France Assureurs). En contrepartie d’un risque de perte, elles donnent accès aux marchés financiers et à l’immobilier, avec un potentiel de performance supérieur sur le long terme.
Un contrat dit multisupport combine fonds en euros et unités de compte. La répartition entre les deux compartiments traduit le profil de risque de l’épargnant : prudent, équilibré ou dynamique. C’est ce dosage qui constitue l’essentiel d’une allocation patrimoniale en assurance-vie. Les autres notions liées sont définies dans le glossaire patrimonial.
Comment fonctionnent-elles ?
Le contrat n’est pas exprimé en euros mais en nombre d’unités. Si vous détenez 100 unités d’un support valant 50 € l’unité, votre épargne vaut 5 000 €. Selon l’article L. 131-1 du Code des assurances, l’assureur s’engage sur ce nombre de 100 unités, qui ne bouge pas. En revanche, la valeur de l’unité, elle, varie chaque jour selon les marchés. Si elle tombe à 45 €, votre épargne ne vaut plus que 4 500 €.
C’est la distinction fondamentale avec le fonds en euros : sur ce dernier, le capital est protégé et les intérêts acquis chaque année sont définitivement consolidés. Sur les unités de compte, aucune valeur n’est acquise tant que vous n’avez pas procédé à un rachat.
Cas pratique chiffré — un contrat équilibré ouvert près de Toulouse
Un épargnant de Ramonville-Saint-Agne verse 50 000 € sur un contrat multisupport, réparti à 50 % fonds en euros, 50 % unités de compte.
- Fonds en euros (25 000 €) : capital protégé, rendement de l’ordre de 2,6 % (moyenne 2025, France Assureurs)
- Unités de compte (25 000 €) : valeur fluctuante, sans protection du capital
- Si les UC progressent de 6 % sur l’année : +1 500 €
- Si les UC reculent de 6 % : −1 500 €, soit une perte réelle sur cette part
Le rendement global du contrat dépend entièrement du dosage entre les deux compartiments.
Quelle fiscalité ?
Les unités de compte bénéficient du cadre fiscal de l’assurance-vie. Les prélèvements sociaux de 17,2 % ne sont dus qu’au moment d’un rachat ou du dénouement du contrat, et uniquement sur la part de plus-value retirée — jamais chaque année, contrairement au fonds en euros. Cela laisse les gains se capitaliser sans frottement fiscal annuel.
Point notable : depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur la plupart des revenus du capital. Le PEA, le compte-titres et le PER passent ainsi à 18,6 % de prélèvements sociaux, mais l’assurance-vie en a été explicitement exclue et reste à 17,2 %. Sur les rachats après 8 ans, l’épargnant profite en outre de l’abattement annuel sur les plus-values de 4 600 € (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune).
Avantages et limites
Avantages : potentiel de performance supérieur au fonds en euros, large choix de supports (actions, immobilier, obligations), diversification, fiscalité de l’assurance-vie à la sortie, capitalisation sans prélèvement social annuel.
Limites : risque de perte en capital, valeur fluctuante, frais de gestion souvent plus élevés que sur le fonds en euros, horizon de placement long indispensable. Les unités de compte ne conviennent pas à une épargne de précaution ou à un projet à court terme.
À ne pas confondre
| Unités de compte | Fonds en euros | Fonds eurocroissance |
|---|---|---|
| Capital non protégé | Capital protégé par l’assureur | Capital protégé au terme seulement |
| Valeur fluctuante | Gains acquis chaque année | Protection conditionnée à une durée |
| Potentiel élevé | Rendement limité (2,6 % en moyenne en 2025) | Rendement intermédiaire |
| PS au rachat | PS prélevés chaque année | PS au rachat |
Pour qui les unités de compte sont-elles pertinentes ?
L’épargnant avec un horizon long
Si vous investissez sur 8 ans ou plus et acceptez les variations de valeur, les UC visent une performance que le fonds en euros ne permet pas d’atteindre.
Le détenteur d’un contrat 100 % fonds euros
Si tout votre contrat dort sur le fonds en euros, une part mesurée d’UC peut rechercher un rendement supérieur, à condition d’en accepter le risque.
L’investisseur cherchant à diversifier
Les UC donnent accès à l’immobilier (SCPI), aux actions ou aux produits structurés au sein d’un même contrat, dans un cadre fiscal unifié.
Celui qui prépare une transmission
Logées en assurance-vie, les UC combinent potentiel de performance et cadre successoral avantageux, sous réserve d’un horizon adapté.
Questions fréquentes
Peut-on perdre de l’argent avec des unités de compte ?
Oui. Le capital placé sur des unités de compte n’est pas protégé : leur valeur suit les marchés et peut baisser. L’assureur s’engage sur le nombre d’unités, pas sur leur valeur.
Quelle différence entre fonds en euros et unités de compte ?
Le fonds en euros protège le capital et consolide les gains chaque année, avec un rendement limité (2,6 % en moyenne en 2025). Les unités de compte offrent un potentiel supérieur, mais sans protection du capital et avec une valeur fluctuante.
Quand paie-t-on les prélèvements sociaux sur les UC ?
Uniquement au moment d’un rachat ou du dénouement du contrat, sur la part de plus-value retirée, au taux de 17,2 % en 2026. Ils ne sont pas prélevés chaque année, à la différence du fonds en euros.
Quelle proportion d’unités de compte choisir ?
Cela dépend de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. Plus l’horizon est long et la tolérance élevée, plus la part d’UC peut être importante. Cet arbitrage mérite une analyse personnalisée.
Sources officielles
- Article L. 131-1 du Code des assurances (Légifrance)
- Comprendre l’assurance-vie et les unités de compte (AMF)
- Fiscalité de l’assurance-vie (service-public.fr)
Thomas Gomez — Conseiller Indépendant en Investissements
Basé à Ramonville-Saint-Agne, au sud de Toulouse, j’accompagne particuliers, dirigeants et professions libérales dans la structuration de leur patrimoine. Dans ma pratique, je constate que le dosage entre fonds en euros et unités de compte est rarement adapté au véritable horizon de l’épargnant. C’est là que se joue l’essentiel d’une allocation. ORIAS n° 26002242.
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