L’essentiel
- Ouvrir un PER après 55 ans reste pertinent : c’est souvent à cet âge que le taux marginal d’imposition est le plus élevé, donc que la déduction est la plus efficace.
- Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles (article 9 de la loi de finances 2026). La fenêtre utile se referme à 70 ans.
- Le plafond de déduction 2026 atteint 37 680 € pour un salarié, et le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans.
- Les prélèvements sociaux sur les gains passent à 18,6 %.
- Pour qui vise la transmission, le PER alimenté avant 70 ans conserve l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Test express
Le PER après 55 ans est-il adapté à votre situation ?
Ouvrir un PER après 55 ans : la réponse courte
Oui, ouvrir un PER après 55 ans reste pertinent en 2026, à une condition : que votre taux marginal d’imposition soit élevé et que vous n’ayez pas besoin de cette épargne à court terme. C’est souvent entre 55 et 65 ans que les revenus professionnels sont au plus haut. La déduction des versements du revenu imposable produit donc son effet maximal à cet âge.
Une règle a toutefois changé. Depuis le 1er janvier 2026, l’article 9 de la loi de finances supprime la déductibilité des versements effectués à partir de 70 ans. Concrètement : la fenêtre pour alimenter un PER en bénéficiant de l’avantage fiscal se referme à 70 ans. À 55 ans, vous disposez encore d’une quinzaine d’années pour en profiter, mais l’horizon est désormais borné.
Le PER, ou plan d’épargne retraite, est une enveloppe d’épargne longue créée par la loi PACTE de 2019. Son principe : vous versez librement, vous déduisez ces versements de votre revenu imposable dans la limite d’un plafond, et vous récupérez l’épargne à la retraite, en capital ou en rente. La suite de cet article détaille quand le PER tient ses promesses après 55 ans, et quand il vaut mieux regarder ailleurs.
Pourquoi l’âge de 55 ans est souvent le bon moment
L’avantage fiscal du PER fonctionne par déduction : chaque euro versé vient diminuer votre revenu imposable, et l’économie d’impôt dépend directement de votre taux marginal d’imposition (TMI). Plus votre TMI est élevé, plus la déduction est efficace.
Prenons un exemple concret. Un contribuable dont le TMI est de 41 % verse 10 000 € sur son PER. Son économie d’impôt atteint 4 100 € l’année du versement. Le même versement, pour un contribuable au TMI de 11 %, ne produit qu’une économie de 1 100 €. L’écart est considérable, et il explique pourquoi le PER s’adresse en priorité aux foyers fortement imposés.
Or, c’est précisément autour de 55 à 64 ans que beaucoup atteignent le sommet de leur carrière et de leurs revenus, donc leur TMI le plus élevé. À cet âge, ouvrir un PER permet de déduire pendant les années de forte imposition, puis de récupérer l’épargne à la retraite, lorsque les revenus, et souvent le TMI, ont baissé. Ce différentiel de taux entre l’entrée et la sortie constitue le cœur de la logique du PER.
Un second argument joue à cet âge : l’horizon de blocage. Le PER est en principe indisponible jusqu’à la retraite. À 30 ans, immobiliser une épargne pendant trois décennies pèse lourd. À 55 ou 60 ans, l’échéance de la retraite est proche, ce qui réduit fortement la contrainte de blocage.
Ce qui change en 2026 : la fenêtre des 70 ans
La loi de finances pour 2026 modifie la règle la plus structurante pour les épargnants tardifs. Jusqu’au 31 décembre 2025, les versements volontaires sur un PER étaient déductibles sans condition d’âge. Depuis le 1er janvier 2026, l’article 9 de la loi de finances supprime cette déductibilité pour les versements effectués à partir de 70 ans.
La conséquence est directe. Verser sur un PER après 70 ans reste techniquement possible, mais l’opération ne procure plus aucune économie d’impôt à l’entrée. L’intérêt fiscal principal du produit disparaît à cet âge. La mesure concerne tous les types de PER : individuel, collectif et obligatoire.
Pour qui ouvre un PER après 55 ans, le message est clair : la période réellement utile court jusqu’à 70 ans. Cela laisse une marge appréciable, mais invite à ne pas reporter indéfiniment les versements. Le calendrier devient un paramètre de décision à part entière.
À noter, selon le BOFiP et la doctrine fiscale, les anciens contrats d’épargne retraite tels que le PERP ou le contrat Madelin ne semblent pas visés par cette suppression : la déductibilité après 70 ans y resterait acquise. Ce point technique mérite une vérification au cas par cas selon le contrat détenu.
Plafonds, report et prélèvements sociaux en 2026
Trois chiffres encadrent le PER en 2026. D’abord le plafond de déduction. Pour un salarié, il correspond à 10 % des revenus professionnels de 2025, dans la limite de 37 680 € (soit 10 % de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale 2025). Le plancher de déduction s’établit à 4 710 € pour ceux dont les revenus sont faibles ou nuls.
Ensuite, le report des plafonds non utilisés. L’article 10 de la loi de finances 2026 étend de trois à cinq ans la période durant laquelle vous pouvez mobiliser la fraction de plafond non consommée les années précédentes. Pour un épargnant qui n’a jamais ou peu versé, cela ouvre une capacité de rattrapage importante, particulièrement utile à l’approche des 70 ans.
Enfin, les prélèvements sociaux. La hausse de la CSG décidée par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 porte le taux global de prélèvements sociaux sur les gains du PER de 17,2 % à 18,6 %, applicable aux sommes récupérées depuis le 1er janvier 2026.
| Paramètre PER | Valeur 2026 |
|---|---|
| Plafond de déduction (salarié) | 37 680 € |
| Plancher de déduction | 4 710 € |
| Report des plafonds non utilisés | 5 ans (contre 3 auparavant) |
| Prélèvements sociaux sur les gains | 18,6 % |
| Déductibilité des versements après 70 ans | Supprimée depuis le 1er janvier 2026 |
PER et transmission : l’argument décisif après 55 ans
Au-delà de la retraite, le PER assurantiel joue un rôle de transmission souvent sous-estimé. À votre décès, le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause, en dehors de la succession, selon un régime proche de celui de l’assurance-vie.
Le pivot, là encore, c’est l’âge de 70 ans. Pour un PER assurantiel alimenté avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € en cas de décès du titulaire (article 990 I du Code général des impôts). Au-delà de cet abattement, la fraction transmise est taxée à 20 %, puis 31,25 % au-delà de 852 500 € par bénéficiaire.
Pour les versements effectués après 70 ans, le régime bascule sur l’article 757 B : l’abattement tombe à 30 500 €, partagé entre l’ensemble des bénéficiaires. Le conjoint et le partenaire de PACS restent, eux, totalement exonérés quel que soit l’âge des versements.
Cette mécanique renforce l’intérêt d’ouvrir et d’alimenter un PER avant 70 ans pour qui intègre la transmission à sa réflexion. La rédaction de la clause bénéficiaire devient alors un acte déterminant : une clause mal rédigée peut faire perdre une partie de l’avantage fiscal. C’est un sujet qui se traite avec précision, en lien avec l’ensemble de votre situation patrimoniale et familiale.
Ce raisonnement vaut particulièrement dans des régions comme l’agglomération toulousaine ou le Sicoval, où la valorisation immobilière des dernières décennies a fait grimper les patrimoines des particuliers de 55 à 70 ans, rendant les questions de transmission concrètes bien avant le grand âge.
Les cas où le PER n’est pas la bonne réponse
Le PER n’est pas un produit universel. Plusieurs situations invitent à la prudence, voire à écarter l’option après 55 ans.
Premier cas : un taux marginal d’imposition faible. Si vous êtes imposé à 0 % ou 11 %, l’avantage à l’entrée est limité, et il peut être préférable de renoncer à la déduction pour bénéficier d’une fiscalité allégée à la sortie. Le PER perd alors une grande partie de son intérêt.
Deuxième cas : un besoin de liquidité à court terme. Le PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (achat de la résidence principale, accidents de la vie). Si cette épargne constitue votre seul matelas disponible, l’immobiliser fait courir un risque.
Troisième cas : l’absence d’épargne de précaution. Avant tout placement de long terme, disposer d’une réserve liquide reste la priorité. Le PER vient après, pas avant.
Dans ces situations, d’autres cadres comme l’assurance-vie offrent davantage de souplesse. Le bon choix dépend de l’objectif : préparer un complément de revenu, optimiser sa fiscalité, ou organiser une transmission. Aucun produit ne répond à tout, et c’est l’articulation entre eux qui structure une stratégie cohérente. C’est ce travail d’arbitrage, propre à chaque situation, qui fait la différence.
Questions fréquentes
Peut-on encore ouvrir un PER à 65 ans ?
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
Que se passe-t-il pour les versements PER après 70 ans en 2026 ?
Le PER est-il intéressant pour transmettre un capital ?
PER ou assurance-vie après 55 ans ?
L’auteur
Thomas Gomez — Conseiller Indépendant en Investissements
Basé à Ramonville-Saint-Agne, j’accompagne les particuliers de l’agglomération toulousaine dans leurs décisions d’épargne, de placement et de transmission. Dans ma pratique, le PER se raisonne toujours au regard d’une situation globale, jamais isolément. ORIAS 26002242.

