Arbitrage assurance-vie et hausse des taux : relevé de contrat et courbe de taux

Arbitrage assurance-vie : comment ajuster son épargne quand les taux montent

L’essentiel

  • Le 10 septembre 2026, la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point : taux de dépôt à 2,50 % depuis le 16 septembre 2026. C’est la deuxième hausse de l’année, après celle de juin.
  • Une hausse des taux ne produit pas le même effet partout : quasi immédiat sur les comptes à terme, semestriel sur les livrets réglementés, étalé sur plusieurs années sur les fonds euros, et négatif à court terme sur la valeur des obligations déjà émises.
  • Un arbitrage assurance-vie consiste à déplacer l’épargne entre supports à l’intérieur du contrat. Il ne déclenche pas d’imposition et ne fait pas perdre l’antériorité fiscale.
  • Le bon critère de décision n’est pas le niveau des taux du moment, mais trois paramètres : l’horizon de chaque somme, la perte maximale acceptable, la fiscalité à la sortie.
  • Cette page décrit des mécanismes. Elle ne remplace pas un bilan d’allocation adapté à votre situation.

Testez vos repères

Sélectionnez une réponse par question pour afficher le commentaire.

1. La BCE relève ses taux. Quel support répercute la hausse le plus vite ?

Non. Le fonds euros réinvestit seulement la part de son portefeuille obligataire qui arrive à échéance chaque année : l’effet s’étale sur plusieurs exercices.
Exact. Le taux d’un nouveau compte à terme est fixé à la souscription, en fonction des conditions de marché du moment. Les comptes déjà ouverts conservent leur taux initial.
Non. Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, selon une formule qui regarde le semestre écoulé.

2. Quand les taux montent, que devient la valeur d’une obligation déjà émise ?

Exact. Une obligation qui verse un coupon inférieur aux nouvelles émissions devient moins attractive : son prix de marché recule. Portée jusqu’à l’échéance, elle est en principe remboursée au pair, sauf défaut de l’émetteur.
Non, c’est l’inverse : prix et taux évoluent en sens contraire. Une baisse des taux fait monter la valeur des obligations existantes.
Non. Seul le coupon est fixe ; le prix auquel l’obligation s’échange varie avec les taux du marché.

3. Un arbitrage entre supports, à l’intérieur d’un contrat d’assurance-vie, est-il imposé ?

Non. L’imposition intervient lors d’un rachat, c’est-à-dire quand l’argent sort du contrat. Un arbitrage le déplace d’un support à l’autre sans le faire sortir.
Exact. Des frais d’arbitrage peuvent s’appliquer selon le contrat, mais aucune imposition n’est due et la date d’ouverture du contrat reste la référence fiscale.
Non. Le seuil de 8 ans concerne la fiscalité des rachats, pas les arbitrages internes.

4. Depuis le 1er janvier 2026, quel est le taux global du PFU sur les intérêts d’un compte à terme ?

Non, c’était le taux jusqu’en 2025. Le taux de 30 % reste celui des produits d’assurance-vie, exclus de la hausse de CSG.
Exact : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Non. 17,2 % correspond aux seuls prélèvements sociaux appliqués aux produits d’assurance-vie, sans la part d’impôt sur le revenu.

Quand les taux remontent et que les marchés actions deviennent nerveux, un arbitrage assurance-vie n’est utile que s’il répond à un changement d’horizon, de tolérance au risque ou d’objectif, pas au seul mouvement des taux. Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a porté son taux de dépôt à 2,50 %, dans une zone euro où l’inflation a atteint 3,3 % en août selon l’estimation d’Eurostat, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Cette configuration remet sur la table des questions classiques : quelle part conserver en fonds euros, comment traiter des unités de compte qui ont baissé, comment articuler PER et assurance-vie. Cette page présente les mécanismes en jeu et les options générales. Toute décision d’arbitrage adaptée à votre situation relève d’un échange personnalisé.

Ce qui a changé en septembre 2026

Une hausse des taux directeurs est une décision de la BCE qui renchérit le prix auquel les banques se refinancent. Elle se transmet ensuite, à des vitesses différentes, aux crédits et à la rémunération de l’épargne.

La BCE a relevé ses taux pour la deuxième fois en 2026

D’après le communiqué de politique monétaire de la BCE du 10 septembre 2026, les trois taux directeurs augmentent de 0,25 point, avec effet au 16 septembre 2026 :

  • facilité de dépôt : 2,50 % ;
  • opérations principales de refinancement : 2,65 % ;
  • facilité de prêt marginal : 2,90 %.

La première hausse de l’année date du 11 juin 2026 (effet au 17 juin), qui avait porté le taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 %. La BCE justifie ce resserrement par les tensions sur l’énergie liées au conflit au Moyen-Orient. Ses projections de septembre retiennent une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028 (données BCE, publiées le 10 septembre 2026). Elle précise qu’elle ne s’engage sur aucune trajectoire de taux à l’avance.

Un point de perspective utile : le taux de dépôt à 2,50 % reste nettement inférieur au sommet de 4,00 % atteint en septembre 2023. Les taux remontent depuis un point bas ; ils ne sont pas à un niveau exceptionnel.

Ce que cela change pour les supports d’épargne courants

Trois repères, vérifiés au 25 septembre 2026 :

  • Livret A et LDDS : 1,70 % depuis le 1er août 2026 (1,50 % auparavant), LEP maintenu à 2,50 %, selon service-public.fr. Prochaine révision au 1er février 2027. J’ai détaillé ce que ce taux rapporte réellement et combien laisser sur son Livret A dans un article dédié.
  • Comptes à terme : les offres relevées par les comparateurs début septembre 2026 s’échelonnaient d’environ 2,20 % à 3,40 % brut selon la durée et l’établissement. Certaines durées longues dépassent donc 3 %, mais pas l’ensemble du marché.
  • Fonds euros : rendement moyen de 2,63 % net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux au titre de 2025 (donnée ACPR, publiée en juin 2026). Le rendement 2026 ne sera connu qu’au début de 2027.

Des marchés actions plus nerveux

En parallèle, les marchés actions traversent une phase de volatilité plus marquée, et une partie des unités de compte investies en actions ou en obligations affichent des moins-values latentes. L’ampleur varie fortement d’un support à l’autre : une unité de compte actions internationales, un fonds obligataire daté et une SCPI logée en assurance-vie ne réagissent pas du tout de la même façon. Il n’existe pas de chiffre unique qui résumerait « la baisse des unités de compte ». Chaque ligne se lit dans son relevé de contrat.

Ma méthode : relire une allocation quand les taux bougent

Dans ma pratique, une décision de la BCE n’est jamais le point de départ d’un arbitrage. C’est un signal pour relire une allocation, pas pour la refaire. Je commence par classer chaque somme selon son horizon d’utilisation : moins de deux ans, deux à huit ans, plus de huit ans. Une même personne a souvent les trois, réparties sur plusieurs enveloppes sans que ce découpage ait jamais été fait explicitement.

Je vérifie ensuite trois points, dans cet ordre. D’abord la réserve de précaution : si elle est insuffisante, aucune question de rendement ne se pose avant. Ensuite l’écart entre le risque réellement porté et la perte que la personne dit accepter : une allocation construite en période de hausse des marchés est souvent plus exposée qu’on ne le pense. Enfin la fiscalité de sortie de chaque enveloppe, qui a changé au 1er janvier 2026 pour une partie des revenus du capital.

À mon avis, la question « faut-il tout sécuriser ? » est presque toujours mal posée. La bonne question est : quelle part de cette épargne a un horizon compatible avec le risque qu’elle porte ? Si la réponse est « toute », il n’y a souvent rien à changer. Si elle est « une partie seulement », l’arbitrage porte sur cette partie, pas sur l’ensemble.

Pourquoi la hausse des taux ne touche pas tous les supports de la même façon

Le mécanisme commun est simple : quand les taux montent, l’argent nouvellement placé à taux fixe rapporte davantage, et les placements déjà conclus à des taux plus bas perdent de leur attrait. Ce qui distingue les supports, c’est la vitesse et le sens de la répercussion.

Livrets réglementés : une révision semestrielle

Le taux du Livret A est fixé par une formule qui fait la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et du taux interbancaire €STR. Il est révisé au 1er février et au 1er août. La hausse de septembre 2026 ne peut donc influencer le Livret A qu’à partir de la révision de février 2027, et seulement à travers la formule. Le livret reste un outil de disponibilité, pas un support de rendement.

Comptes à terme : l’effet le plus rapide

Un compte à terme est un dépôt bloqué pour une durée fixe, à un taux connu dès la souscription. Les nouvelles offres intègrent rapidement les conditions de marché. Contreparties : l’argent est immobilisé jusqu’à l’échéance, une sortie anticipée entraîne en général une pénalité sur les intérêts, et les intérêts sont soumis depuis le 1er janvier 2026 au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème. Les dépôts sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement.

Fonds euros : un effet différé et lissé

Le fonds euros est le support d’une assurance-vie dont le capital est garanti par l’assureur, net de frais de gestion. Il est investi majoritairement en obligations déjà détenues, achetées aux taux de leur date d’émission. Une hausse des taux ne s’applique qu’à la fraction du portefeuille réinvestie chaque année. S’y ajoute la provision pour participation aux bénéfices, une réserve qui permet à l’assureur de lisser les rendements servis d’une année sur l’autre.

Conséquence directe : l’effet d’une hausse se lit sur plusieurs exercices, avec des écarts importants entre fonds selon l’ancienneté de leur portefeuille. J’ai détaillé ce mécanisme dans l’analyse de l’effet de la hausse de l’OAT sur le rendement des fonds euros. Présenter une hausse des taux comme une amélioration immédiate du fonds euros serait inexact.

Obligations et fonds obligataires : une baisse de valeur avant le rendement

Le prix d’une obligation évolue en sens inverse des taux. Quand les taux montent, les obligations déjà émises, qui versent un coupon plus faible, perdent de la valeur sur le marché. Un fonds obligataire classique voit donc sa valeur liquidative reculer à court terme, puis réinvestit progressivement à des taux plus élevés.

Le fonds obligataire daté fonctionne différemment : il détient des obligations dont l’échéance est proche d’une date fixée à l’avance, avec l’objectif de les conserver jusqu’à ce terme. Les variations de valeur en cours de route importent moins pour qui reste investi jusqu’à l’échéance ; elles comptent pleinement pour qui sort avant. Le risque de défaut des émetteurs, lui, demeure dans les deux cas.

Actions : un effet indirect et imprévisible à court terme

Des taux plus élevés renchérissent le financement des entreprises et rendent le placement sans risque relativement plus attractif, ce qui peut peser sur les valorisations. Mais le lien n’est ni mécanique ni stable : les marchés actions réagissent aussi aux résultats des entreprises, à la croissance et à la géopolitique. Aucun indicateur ne permet de prévoir de façon fiable la durée ou l’ampleur d’une phase de volatilité. Pour des unités de compte investies en actions, l’horizon de placement reste le seul paramètre réellement pilotable.

L’arbitrage assurance-vie : ce qu’il permet, ce qu’il coûte

Un arbitrage assurance-vie est une opération qui transfère tout ou partie de l’épargne d’un support à un autre au sein du même contrat : d’unités de compte vers le fonds euros, d’une unité de compte vers une autre, ou du fonds euros vers des unités de compte.

Ce que l’arbitrage permet

  • Changer l’exposition au risque sans sortir du contrat. L’argent reste dans l’enveloppe ; il n’y a pas de rachat.
  • Conserver l’antériorité fiscale. La date d’ouverture du contrat reste la référence pour l’abattement annuel applicable après huit ans.
  • Ne pas déclencher d’imposition. L’imposition intervient au rachat, quand les sommes sortent du contrat.

Ce qu’il coûte et ce qu’il ne fait pas

  • Des frais d’arbitrage peuvent s’appliquer selon les conditions du contrat. Ils sont indiqués dans la notice d’information.
  • Un arbitrage cristallise une situation. Passer des unités de compte en moins-value vers le fonds euros transforme une perte latente en perte réalisée sur la part arbitrée. Si le marché se redresse ensuite, la part sortie n’en profite pas.
  • Il ne change pas la qualité du contrat. Le fonds euros disponible, les frais de gestion et l’éventail des supports restent ceux du contrat détenu.
  • Il peut être encadré par les conditions d’accès au fonds euros, certains contrats limitant la part investie sur ce support.

Les options de gestion qui évitent de décider à chaud

De nombreux contrats proposent des options automatiques, à activer en amont plutôt qu’en pleine phase de baisse :

  • Sécurisation des plus-values : au-delà d’un seuil de gain fixé à l’avance, la plus-value est transférée automatiquement vers un support moins risqué.
  • Limitation des moins-values : en dessous d’un seuil de perte, la ligne est arbitrée automatiquement. Elle protège d’une baisse prolongée, mais peut aussi faire sortir juste avant un rebond.
  • Investissement progressif : une somme placée sur le fonds euros est transférée par fractions régulières vers des unités de compte, ce qui étale le prix d’entrée dans le temps.
  • Gestion pilotée : les arbitrages sont délégués à une société de gestion dans le cadre d’un profil de risque défini.

Ces options ne suppriment pas le risque. Elles remplacent une décision prise sous le coup de l’émotion par une règle fixée à froid.

Le transfert de contrat, une autre voie

Depuis la loi PACTE de 2019, un contrat peut sous conditions être transformé en un autre contrat du même assureur en conservant son antériorité fiscale. Cette voie concerne surtout les contrats anciens dont le fonds euros ou les frais ne correspondent plus aux besoins. Les conditions et l’offre disponible varient d’un assureur à l’autre.

PER et assurance-vie : deux logiques face aux taux

Le PER et l’assurance-vie peuvent contenir les mêmes familles de supports, fonds euros et unités de compte, mais ils ne répondent pas à la même question.

CritèreAssurance-viePER
DisponibilitéRachat possible à tout moment ; l’assureur dispose d’un délai légal de deux mois pour verser les fondsÉpargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi
ArbitragesLibres ou pilotés, selon le mode de gestion choisiGestion pilotée à horizon par défaut : la part risquée diminue à l’approche de la retraite
Prélèvements sociaux sur les gains (2026)17,2 %, l’assurance-vie étant exclue de la hausse de CSGÀ vérifier au moment de la sortie
Intérêt principalSouplesse, cadre fiscal après huit ans, transmissionDéduction des versements du revenu imposable, dans les limites prévues

Face à une hausse des taux, la différence décisive est l’horizon. Les sommes versées sur un PER ont par construction un horizon de retraite ; une phase de volatilité de quelques mois pèse peu sur une échéance lointaine, et la gestion pilotée réduit déjà l’exposition à mesure que la retraite approche. Une assurance-vie peut au contraire financer un projet à trois ans comme une transmission à vingt ans. C’est donc dans l’assurance-vie que le découpage par horizon a le plus d’effet.

Taux de prélèvements sociaux vérifiés au 25 septembre 2026, sur la base de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Cas chiffré : 20 000 € à placer pour deux ans

Hypothèses

Un foyer de Ramonville-Saint-Agne dispose de 20 000 € d’épargne au-delà de sa réserve de précaution, destinés à des travaux prévus dans deux ans. Tranche marginale d’imposition : 30 %. Horizon court : les supports sans risque de perte en capital sont seuls comparés ici, les unités de compte n’étant pas adaptées à ce délai.

SupportTaux retenuFiscalité appliquéeGain net estimé sur 2 ans
Livret A1,70 % (taux au 1er août 2026, supposé constant)Exonéré d’impôt et de prélèvements sociauxenviron 690 €
Compte à terme 2 ans2,60 % brut (valeur illustrative dans la fourchette observée début septembre 2026)PFU 31,4 % ; l’option pour le barème à TMI 30 % coûterait davantage (48,6 %)environ 720 € (brut environ 1 050 €)
Fonds euros, contrat de plus de 8 ans2,63 % (moyenne 2025, ACPR, supposée reconduite)Prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés chaque année ; impôt nul si le gain racheté reste sous l’abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune)environ 880 €
Fonds euros, contrat de moins de 8 ans2,63 % (même hypothèse)Prélèvements sociaux de 17,2 %, puis 12,8 % d’impôt sur les produits au rachatenviron 740 €

Simulation pédagogique au 25 septembre 2026, arrondie à la dizaine d’euros. Hors frais sur versement éventuels, hors délai de traitement d’un rachat. Le taux futur d’un fonds euros n’est jamais connu à l’avance : seul le capital, net de frais de gestion, est garanti par l’assureur. Le taux du Livret A sera révisé au 1er février 2027. Les versements sur l’assurance-vie sont supposés postérieurs au 27 septembre 2017 et inférieurs à 150 000 €.

Trois enseignements, qui valent au-delà de cet exemple :

  • La fiscalité écrase une partie de l’écart de taux. Un compte à terme à 2,60 % brut rapporte à peine plus qu’un Livret A à 1,70 % net sur cet horizon, une fois le PFU de 31,4 % appliqué.
  • L’antériorité du contrat compte autant que le taux. Le même fonds euros rapporte environ 140 € de plus dans un contrat de plus de huit ans que dans un contrat récent.
  • La certitude a un prix. Le compte à terme fixe son taux pour deux ans ; le fonds euros et le Livret A peuvent évoluer, dans un sens comme dans l’autre.

Pour tester d’autres montants et durées, le simulateur d’épargne permet de visualiser l’effet du temps sur un capital placé.

Grille de lecture comparée des supports

Le tableau ci-dessous résume la position de chaque support face à une hausse des taux. Il décrit des caractéristiques générales, pas un classement des placements.

SupportDisponibilitéProtection du capitalRépercussion de la hausse des tauxFiscalité des gains en 2026
Livret A / LDDSImmédiateOuiSemestrielle, via une formuleExonérés
Compte à termeÀ l’échéance (pénalité en cas de sortie anticipée)Oui, dans la limite de la garantie des dépôtsRapide pour les nouveaux dépôtsPFU 31,4 %
Fonds eurosRachat sous deux mois au plusCapital garanti par l’assureur, net de frais de gestionLente, étalée sur plusieurs annéesPrélèvements sociaux 17,2 % ; cadre de l’assurance-vie
Unités de compte obligatairesRachat ou arbitrageNonBaisse de valeur puis rendement de réinvestissement plus élevéCadre de l’assurance-vie
Unités de compte actionsRachat ou arbitrageNonIndirecte et imprévisibleCadre de l’assurance-vie
Grille de lecture : cinq supports d’épargne face à la hausse des taux Lecture qualitative sur une échelle de un à trois points. Livret A et LDDS : disponibilité 3, protection du capital 3, vitesse de répercussion de la hausse des taux 2, potentiel long terme 1, cadre fiscal 3. Compte à terme : 1, 3, 3, 1, 1. Fonds euros : 2, 3, 1, 2, 3. Unités de compte obligataires en assurance-vie : 2, 1, 2, 2, 3. Unités de compte actions en assurance-vie : 2, 1, 1, 3, 3. Disponibilité Protection du capital Suit vite la hausse Potentiel long terme Cadre fiscal Livret A / LDDS Compte à terme Fonds euros UC obligataires* UC actions* point attribué point non attribué * détenues dans un contrat d’assurance-vie

Les réflexes coûteux en période de volatilité

Tout arbitrer vers le fonds euros après une baisse

Arbitrer après une baisse revient à vendre des parts moins cher qu’elles n’ont été achetées. Pour une somme dont l’horizon reste long, cette décision transforme une fluctuation temporaire en perte définitive. Elle suppose en outre de savoir quand revenir sur les marchés, ce qu’aucune méthode ne permet de faire de façon répétée.

Tout basculer vers les supports de taux parce que les taux montent

Le niveau actuel des taux est connu ; leur évolution ne l’est pas. La BCE elle-même indique décider réunion par réunion. Une allocation construite sur un pari de taux est aussi fragile qu’une allocation construite sur un pari boursier.

Traiter chaque enveloppe isolément

Un PER dynamique, une assurance-vie prudente et un Livret A au plafond forment une seule allocation. Réduire le risque sur une enveloppe sans regarder les autres peut conduire à une exposition globale très différente de celle recherchée.

Décider au rythme de l’actualité

Une décision de politique monétaire, une séance de marché agitée ou une échéance électorale sont des événements. Le même raisonnement vaut face à l’incertitude politique et budgétaire à l’approche de 2027 : un horizon correctement défini absorbe ces épisodes sans réécrire la stratégie à chaque fois.

Dans quel cas je ne recommande pas d’arbitrer

  • Quand l’horizon de la somme n’a pas changé. Si l’argent investi en unités de compte est destiné à une échéance lointaine, une baisse de marché ne suffit pas à justifier un arbitrage.
  • Quand le seul motif est une moins-value récente. Arbitrer pour « arrêter la baisse » réalise la perte sans certitude d’éviter la suivante ni de profiter du rebond.
  • Quand la réserve de précaution n’est pas constituée. La priorité est alors de reconstituer une épargne disponible, pas de déplacer des sommes à l’intérieur d’un contrat.
  • Quand les frais d’arbitrage ou les conditions d’accès au fonds euros rendent l’opération peu utile. Un arbitrage partiel mal calibré peut coûter plus qu’il ne protège.
  • Quand l’arbitrage vise à anticiper une décision de la BCE. Les marchés intègrent déjà largement les décisions attendues ; en septembre 2026, la hausse était anticipée par la grande majorité des économistes interrogés.
  • Quand le besoin réel est un projet à moins de deux ans. Dans ce cas, la question n’est pas l’arbitrage interne mais le choix d’un support disponible et sans risque de perte en capital, éventuellement hors assurance-vie.

Ce qu’examine un bilan d’allocation

Un bilan d’allocation est un examen de l’ensemble de l’épargne d’un foyer, enveloppe par enveloppe, au regard de ses objectifs. Il ne part pas d’un produit mais d’une situation. Concrètement, il passe en revue :

  1. Le découpage par horizon de chaque somme, et la cohérence entre cet horizon et le risque porté.
  2. La réserve de précaution, exprimée en mois de dépenses courantes.
  3. Les contrats détenus : ancienneté fiscale, fonds euros disponibles, frais, options de gestion activées ou non.
  4. La répartition réelle entre fonds euros et unités de compte, et les doublons éventuels entre supports.
  5. La fiscalité de sortie de chaque enveloppe, à la lumière des règles en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
  6. Les objectifs à venir : projet immobilier, retraite, transmission.

C’est seulement à l’issue de cet examen qu’un arbitrage peut être envisagé, sur une part précise et pour une raison précise. Pour les épargnants de Toulouse sud et du Sicoval, cet échange peut se tenir à Ramonville-Saint-Agne ou à distance : mes coordonnées figurent sur la page contact.

Sources et méthode

  • Taux directeurs et projections d’inflation : Banque centrale européenne, communiqué et déclaration de politique monétaire du 10 septembre 2026.
  • Inflation de la zone euro en août 2026 : estimation rapide d’Eurostat.
  • Taux du Livret A, du LDDS et du LEP : service-public.fr, actualité du 30 juillet 2026.
  • Rendement moyen des fonds euros 2025 : ACPR, bilan de la revalorisation des contrats d’assurance-vie, publié en juin 2026.
  • Fiscalité des rachats d’assurance-vie : impots.gouv.fr ; prélèvements sociaux 2026 : loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
  • Fonctionnement des unités de compte : Autorité des marchés financiers.
  • Fourchette des taux de comptes à terme : relevés publics des comparateurs, début septembre 2026, à titre indicatif.

Dernière vérification des données chiffrées : 25 septembre 2026.

Pour aller plus loin

À paraître :

  • Fiche glossaire : le fonds obligataire daté
  • Fiche glossaire : la provision pour participation aux bénéfices (PPB)
  • Fiche glossaire : le compte à terme

Premier échange gratuit

Votre contrat est-il bien réglé pour des taux qui montent ?

Part en fonds euros, unités de compte, ancienneté, frais : je relis votre relevé avec vous en 30 minutes, à Ramonville ou en visio, sans engagement.

Être rappelé sous 24 h

Questions fréquentes

Que faire de son épargne quand les taux montent ?

Commencer par classer chaque somme selon son horizon d’utilisation. Une hausse des taux améliore surtout la rémunération des nouveaux placements à taux fixe de court terme ; elle ne justifie pas à elle seule de modifier une épargne investie pour le long terme.

Un arbitrage assurance-vie est-il imposable ?

Non. Un arbitrage déplace l’épargne entre supports sans la faire sortir du contrat. Seuls les rachats déclenchent une imposition. Des frais d’arbitrage peuvent s’appliquer selon le contrat.

Faut-il sortir de ses unités de compte quand les marchés baissent ?

Pas nécessairement. Arbitrer après une baisse transforme une moins-value latente en perte réalisée. La décision dépend de l’horizon de la somme concernée et de la perte maximale acceptable, pas du mouvement récent des marchés.

La hausse des taux de la BCE augmente-t-elle le rendement des fonds euros ?

Progressivement. Un fonds euros ne réinvestit chaque année qu’une partie de son portefeuille obligataire, et l’assureur lisse les rendements grâce à sa provision pour participation aux bénéfices. L’effet se lit sur plusieurs exercices.

Compte à terme ou fonds euros en 2026 ?

Les deux ne répondent pas au même besoin. Le compte à terme fixe un taux pour une durée donnée, mais ses intérêts supportent le PFU de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Le fonds euros offre un rendement non connu à l’avance, dans le cadre fiscal de l’assurance-vie, plus favorable après huit ans de détention.

Le PER est-il concerné par la volatilité des marchés ?

Oui, pour la part investie en unités de compte. Mais l’épargne d’un PER a un horizon de retraite, et la gestion pilotée à horizon, appliquée par défaut, réduit progressivement la part risquée à l’approche du départ en retraite.

Thomas Gomez

Conseiller financier indépendant, Ramonville-Saint-Agne

J’accompagne des particuliers, des professions libérales et des chefs d’entreprise de l’agglomération toulousaine et du Sicoval dans l’organisation de leur épargne, en partant de leur horizon et de leur situation fiscale réelle.

Quand les taux bougent, je commence toujours par la même question : à quoi sert chaque euro, et quand en aurez-vous besoin ?

Demander un bilan d’allocation

ORIAS n° 26002242. Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée d’investissement. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Défiler vers le haut