Calcul de combien laisser sur son Livret A après la hausse du taux à 1,7 % en 2026

Livret A à 1,7 % au 1ᵉʳ août 2026 : combien faut-il vraiment laisser dessus ?

L’essentiel

  • Le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026, hausse de 0,2 point décidée par Bercy le 15 juillet 2026. Le LDDS suit à 1,7 %. Le LEP reste à 2,5 %.
  • Sur un Livret A au plafond de 22 950 €, la hausse rapporte 45,90 € de plus sur douze mois. Sur un encours de 7 800 €, elle rapporte environ 6,50 € d’ici le 31 décembre 2026.
  • L’INSEE estime la hausse des prix à 2,1 % sur un an en juillet 2026 (estimation provisoire). Le rendement réel du Livret A reste donc négatif à ce jour.
  • Cette hausse ne modifie aucun arbitrage patrimonial. Le Livret A est un outil de trésorerie, pas un support de rendement.
  • La vraie question n’est pas le taux : c’est combien laisser sur son Livret A. Repère de travail : 3 à 6 mois de dépenses courantes pour un salarié, 6 à 12 mois pour un indépendant.

Diagnostic en 4 questions

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1. Où en est votre Livret A aujourd’hui ?

Un Livret A au plafond couvre bien plus que l’imprévu pour la majorité des foyers. La hausse à 1,7 % vous rapporte 45,90 € de plus sur douze mois : c’est le prix de l’immobilisation de 22 950 € sur un support sans horizon. La section 4 vous donne la méthode pour calibrer la part réellement utile.
Zone la plus fréquente. Tout dépend de vos dépenses mensuelles et de votre statut professionnel. Le calibrage se fait en mois de charges, jamais en montant absolu.
Priorité à la constitution de la réserve avant toute réflexion sur le rendement. Un placement à horizon long financé par une réserve insuffisante finit par être liquidé au mauvais moment.

2. Combien de mois de dépenses courantes votre épargne disponible couvre-t-elle ?

La réserve est sous le seuil de confort. L’objectif immédiat est de la compléter, pas d’aller chercher 0,5 point de rendement supplémentaire ailleurs.
Dimensionnement cohérent pour un salarié en CDI. Les sommes au-delà de ce seuil relèvent d’une autre logique : horizon de placement et fiscalité, pas disponibilité.
Au-delà de six mois de charges, l’excédent supporte un coût d’opportunité réel. Ce n’est pas un problème en soi si un projet est identifié à court terme. Sans projet daté, c’est une décision par défaut.

3. À quel horizon comptez-vous utiliser les sommes situées au-delà de cette réserve ?

Le Livret A, le LDDS ou le LEP restent des supports adaptés : disponibilité immédiate, absence de risque de perte en capital. La question du rendement est ici secondaire.
Horizon intermédiaire. Les enveloppes fiscales à antériorité (assurance-vie, PEA) commencent à produire leur effet, avec des niveaux de risque très différents selon les supports retenus.
C’est l’horizon où l’écart entre un livret réglementé et une allocation diversifiée devient structurant. Le paramètre déterminant n’est plus le taux affiché mais la fiscalité à la sortie et la tolérance au risque.

4. Avez-vous vérifié votre éligibilité au LEP ?

Vérifiez qu’il est rempli avant d’alimenter le Livret A. À 2,5 % contre 1,7 %, le LEP prime sur les 10 000 € de versements autorisés.
Le plafond de revenu fiscal de référence est de 23 028 € pour une part en métropole en 2026, soit un niveau plus large qu’on ne l’imagine. Votre banque peut vérifier votre éligibilité directement auprès de l’administration fiscale.
C’est le cas le plus courant, et la première vérification à faire. L’écart de 0,8 point avec le Livret A est le gain le plus simple à aller chercher sur de l’épargne disponible.

Le taux du Livret A est passé de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Pour un épargnant, la question utile n’est pas de savoir si ce taux est bon : c’est de savoir combien laisser sur son Livret A et à partir de quel montant l’argent qui y dort coûte plus qu’il ne rapporte. La hausse de 0,2 point représente 45,90 € par an sur un livret au plafond. Elle ne modifie aucune décision patrimoniale.

Ce qui change exactement au 1er août 2026

Le ministre de l’Économie a relevé le taux du Livret A de 0,2 point, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, dans un communiqué du 15 juillet 2026. C’est la première revalorisation depuis 2023, après une série de baisses qui avait ramené le taux de 3 % à 1,5 % au 1er février 2026.

SupportTaux au 1er août 2026Taux précédentPlafond de versements
Livret A1,7 %1,5 %22 950 €
LDDS1,7 %1,5 %12 000 €
LEP (sous conditions de revenus)2,5 %2,5 %10 000 €

Le LDDS est intégralement indexé sur le Livret A : son taux suit mécaniquement. Le LEP, lui, échappe à sa propre formule. Le calcul réglementaire aboutissait à 2,2 % ; le gouvernement a choisi de le maintenir à 2,5 %. L’écart avec le Livret A se réduit donc de 1 point à 0,8 point, mais le LEP reste le support d’épargne disponible le mieux rémunéré pour les foyers éligibles.

Prochaine révision : le 1er février 2027. Le taux de 1,7 % s’applique jusque-là, sauf décision dérogatoire.

Ce que la hausse rapporte réellement, en euros

Un taux s’apprécie en euros, pas en points de pourcentage. Voici ce que 0,2 point supplémentaire produit concrètement.

  • Livret A au plafond (22 950 €) : 390,15 € d’intérêts sur douze mois à 1,7 %, contre 344,25 € à 1,5 %. Écart : 45,90 €.
  • Encours de 10 000 € : 170 € contre 150 €. Écart : 20 € sur douze mois.
  • Encours moyen des Français, environ 7 800 € : la hausse ne s’appliquant que sur les cinq derniers mois de l’année, le gain sur l’année civile 2026 est d’environ 6,50 €.

Six euros et cinquante centimes. C’est l’ordre de grandeur de ce que la révision d’août 2026 change pour un épargnant médian d’ici la fin de l’année. Aucune décision de placement ne se prend sur cette base.

Rappel de mécanique : les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine. Un versement effectué le 3 du mois ne produit d’intérêts qu’à compter du 16. Un retrait le 14 fait perdre la quinzaine entière. Sur des mouvements fréquents, cet effet pèse davantage que 0,2 point de taux.

1,7 % face à une inflation à 2,1 % : le rendement réel

Le taux du Livret A est fixé par une formule : moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et du taux interbancaire de la zone euro, divisée par deux, avec un plancher de 0,5 %. Cette formule regarde le semestre écoulé, de janvier à juin. Elle ne mesure pas les prix du mois en cours.

Le communiqué de Bercy présente le nouveau taux comme supérieur à l’inflation. C’est exact sur la période mesurée par la formule. Ce n’est pas ce que constate l’épargnant en août : selon l’estimation provisoire de l’INSEE, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1 % sur un an en juillet 2026, après 1,8 % en juin. Le chiffre définitif est attendu le 14 août 2026.

À ce niveau, un Livret A rémunéré 1,7 % perd environ 0,4 point de pouvoir d’achat par an. Ce n’est pas une anomalie : c’est le fonctionnement normal d’un support conçu pour la disponibilité, pas pour la performance. Le décalage joue aussi dans l’autre sens. Si l’inflation de l’été se confirme, la révision du 1er février 2027 en tiendra compte.

La conséquence pratique tient en une phrase : sur un support disponible, on n’achète pas du rendement, on achète de la liquidité. Le coût de cette liquidité s’accepte sur le montant utile, et se questionne au-delà.

Combien laisser sur son Livret A : la méthode

La bonne unité de mesure n’est pas l’euro, c’est le mois de dépenses courantes. La question « combien laisser sur son Livret A » se traite en trois étapes.

Étape 1 : chiffrer vos dépenses courantes mensuelles

Logement, énergie, alimentation, transports, assurances, crédits, frais de scolarité. On retient les dépenses incompressibles, pas le budget global incluant les loisirs et l’épargne.

Étape 2 : appliquer un multiplicateur selon votre situation

  • Salarié en CDI, foyer à deux revenus : 3 mois.
  • Salarié en CDI, revenu unique, ou secteur exposé : 4 à 6 mois.
  • Profession libérale, dirigeant, indépendant : 6 à 12 mois. Les revenus sont irréguliers et le filet social plus étroit.
  • Propriétaire d’un bien locatif : ajouter une provision pour vacance locative et travaux, distincte de la réserve personnelle.

Étape 3 : ajouter les projets datés à moins de deux ans

Apport pour un achat immobilier, changement de véhicule, travaux engagés. Ces sommes rejoignent la poche disponible, quel que soit leur montant.

Cas pratique

Un couple à Castanet-Tolosan, deux salaires, 3 400 € de dépenses courantes mensuelles, propriétaires de leur résidence principale, sans projet daté.

Réserve cible : 3 à 4 mois, soit 10 200 € à 13 600 €. Leur Livret A affiche 21 000 €.

L’excédent, environ 8 000 €, n’est pas mal placé : il n’est pas placé du tout. À 1,7 %, il produit 136 € par an. La question à traiter n’est pas de savoir s’il faut le sortir, mais à quel horizon ce couple en aura l’usage, et quel niveau de fluctuation il accepte sur cette part.

Ce raisonnement vaut aussi pour le simulateur d’épargne : le calibrage de la réserve conditionne tout le reste du plan.

L’ordre à respecter avant de chercher du rendement

Avant d’envisager quoi que ce soit d’autre, trois vérifications produisent un gain immédiat et sans risque de perte en capital.

  1. Le LEP en premier, si vous y êtes éligible. 2,5 % contre 1,7 %, dans la limite de 10 000 € de versements. En 2026, le plafond de revenu fiscal de référence en métropole est de 23 028 € pour une part, 35 326 € pour deux parts, 47 624 € pour trois parts. Une part importante des foyers éligibles n’en détient pas. La vérification prend cinq minutes auprès de votre banque.
  2. Le LDDS ensuite. Même taux que le Livret A, aucun avantage supplémentaire, mais 12 000 € de capacité additionnelle si votre Livret A est au plafond et que votre réserve utile le justifie.
  3. Le Livret A pour le solde de la réserve. Intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, absence de risque de perte en capital, disponibilité immédiate.

Ce n’est qu’une fois cette poche calibrée que la question du placement se pose, et elle ne se pose plus en termes de taux affiché.

Au-delà de la réserve : ce que 0,2 point ne change pas

La comparaison la plus fréquente oppose le Livret A au fonds en euros de l’assurance-vie. Elle mérite d’être faite proprement, car les chiffres bruts induisent en erreur.

Selon l’ACPR, le rendement moyen des fonds en euros s’est établi autour de 2,6 % en 2025, pour la troisième année consécutive. Ce chiffre est net de frais de gestion mais brut de prélèvements sociaux. Après les 17,2 % de prélèvements sociaux, il ressort autour de 2,15 %. Face à un Livret A à 1,7 % net de tout, l’écart réel est d’environ 0,45 point, pas de 0,9 point.

Cet écart ne justifie pas à lui seul un mouvement. Ce qui le justifie, le cas échéant, ce sont trois éléments que le taux ne dit pas :

  • L’antériorité fiscale. Un contrat d’assurance-vie ouvert aujourd’hui prend date. Après huit ans, un abattement annuel s’applique sur la part de gains rachetée. Ouvrir un contrat avec un versement modeste a une valeur qui n’apparaît dans aucun tableau de rendement.
  • La capacité à porter du risque. Au-delà du fonds en euros, les unités de compte, le PEA ou les SCPI exposent le capital à des fluctuations, parfois durables. Ils supposent un horizon long et une réserve de liquidité déjà constituée en amont.
  • L’objectif poursuivi. Financer un projet, préparer une retraite, organiser une transmission : ces trois objectifs n’appellent pas les mêmes enveloppes. Le choix entre assurance-vie ou PEA se tranche sur l’usage prévu des fonds, pas sur un différentiel de taux.

Autrement dit : la hausse à 1,7 % ne rend pas le Livret A plus attractif comme placement, et sa baisse à 1,5 % ne le rendait pas moins pertinent comme réserve. Sa fonction n’a pas bougé.

Trois réflexes coûteux à éviter

Remplir le Livret A jusqu’au plafond par défaut

Le plafond de 22 950 € est une limite réglementaire, pas un objectif. Pour un foyer dont les dépenses courantes s’élèvent à 2 500 € par mois, un Livret A au plafond représente plus de neuf mois de charges. La part excédentaire n’apporte aucune sécurité supplémentaire.

Tout déplacer d’un coup pour aller chercher un demi-point

Le mouvement inverse est tout aussi coûteux. Vider sa réserve pour un support à horizon long expose à devoir liquider au mauvais moment, avec une perte en capital que 0,5 point de rendement annuel ne compense pas.

Ignorer le LEP

C’est le seul arbitrage évident du moment : 0,8 point d’écart, aucun risque supplémentaire, aucune fiscalité, aucune immobilisation. Le seul obstacle est la vérification d’éligibilité, que beaucoup ne font jamais.

Ces trois réflexes ont un point commun : ils traitent l’épargne disponible comme une variable de rendement. C’est l’inverse qu’il faut faire. On dimensionne d’abord la réserve, on place ensuite ce qui la dépasse, en fonction d’un horizon et d’un objectif. Le même principe vaut face à l’incertitude politique et budgétaire actuelle : elle ne change ni la fonction du Livret A, ni la méthode de calibrage de la réserve. Pour les épargnants de Ramonville-Saint-Agne et du Sicoval que j’accompagne, cette séquence règle la majorité des situations avant même d’ouvrir la question des supports.

Sources : communiqué de presse du ministère de l’Économie n°903 du 15 juillet 2026 ; INSEE, Informations rapides n°188, estimation provisoire de juillet 2026 ; service-public.fr, plafonds de revenus du LEP 2026 ; ACPR, bilan de la revalorisation des contrats d’assurance-vie 2025.

Questions fréquentes

Jusqu’à quand le taux de 1,7 % s’applique-t-il ?

Jusqu’à la prochaine révision, prévue au 1er février 2027. Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, sur proposition du gouverneur de la Banque de France.

Faut-il transférer son Livret A vers un LEP ?

Si vous êtes éligible et que votre LEP n’est pas au plafond de 10 000 €, oui : le LEP rapporte 2,5 % contre 1,7 %, avec la même disponibilité et la même exonération d’impôt et de prélèvements sociaux. Il n’existe pas de transfert automatique : il faut effectuer un retrait sur le Livret A puis un versement sur le LEP.

Le LDDS rapporte-t-il plus que le Livret A ?

Non. Le LDDS est indexé sur le Livret A et sert exactement le même taux, soit 1,7 % au 1er août 2026. Son seul intérêt est d’offrir 12 000 € de capacité de versement supplémentaire une fois le Livret A au plafond.

Les intérêts du Livret A sont-ils imposés ?

Non. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux affiché est donc un taux net, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres supports d’épargne.

Que se passe-t-il quand le Livret A atteint son plafond ?

Vous ne pouvez plus effectuer de versement, mais les intérêts continuent d’être capitalisés au 31 décembre et peuvent porter le solde au-delà de 22 950 €. La partie excédant le plafond reste rémunérée au même taux.

Combien de mois de dépenses faut-il garder disponibles ?

Trois mois de dépenses courantes pour un foyer salarié à deux revenus, quatre à six mois pour un revenu unique ou un secteur exposé, six à douze mois pour une profession libérale ou un dirigeant dont les revenus sont irréguliers. À ce montant s’ajoutent les projets datés à moins de deux ans.

Thomas Gomez

Conseiller Indépendant en Investissements, Ramonville-Saint-Agne

J’accompagne des particuliers, des professions libérales et des chefs d’entreprise de l’agglomération toulousaine et du Sicoval dans la structuration de leur épargne et de leur patrimoine.

Dans ma pratique, le calibrage de la réserve disponible est presque toujours la première chose à remettre à plat. Il conditionne tout ce qui vient après.

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ORIAS n° 26002242. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée d’investissement.

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