L’essentiel en 2026
- Il n’existe pas de « meilleur » placement enfant : le bon choix dépend de l’objectif (études, apport, transmission) et de l’horizon.
- Le PEAC offre une exonération fiscale totale et un plafond de 22 950 €, mais les fonds sont bloqués jusqu’aux 18 ans et l’enfant en devient seul maître à sa majorité.
- L’assurance-vie ouverte au nom du mineur est plus souple et permet, via un pacte adjoint, de conserver le contrôle jusqu’à 25 ans.
- Le Livret A reste utile comme réserve de précaution liquide, pas comme moteur de croissance sur 18 ans.
- Le PER pour mineur n’existe plus depuis le 1er janvier 2024.
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Le PEAC entre dans la course
Pour financer des études vers 18 ans, l’horizon colle au PEAC : exonération totale, fonds disponibles à la majorité. Point de vigilance : à 18 ans, l’enfant en est seul maître. Si vous voulez garder la main plus longtemps, l’assurance-vie avec pacte adjoint est plus adaptée.
Faire le point avec Thomas GomezL’assurance-vie avec pacte adjoint
Pour un apport destiné à un projet vers 25-30 ans, le PEAC coince : disponible dès 18 ans, il ne protège pas un capital de plus long terme. Une assurance-vie avec clause d’inaliénabilité, qui repousse la libre disposition jusqu’à 25 ans, correspond mieux à cet horizon.
Faire le point avec Thomas GomezL’assurance-vie mérite votre attention
Pour transmettre en maîtrisant la fiscalité, l’assurance-vie ouverte tôt fait courir le délai des 8 ans et prépare l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI, primes versées avant 70 ans). Un pacte adjoint permet de cadrer l’usage des fonds. Le montage se cale sur votre situation familiale.
Faire le point avec Thomas GomezÉpargner pour son enfant : poser l’objectif avant le produit
Épargner pour son enfant commence par une question, pas par un produit : à quoi servira ce capital, et quand ? La réponse détermine tout le reste. Financer des études vers 18 ans, constituer un apport pour un premier logement vers 25 ans, ou transmettre un patrimoine en maîtrisant la fiscalité ne se préparent pas avec la même enveloppe.
Deux logiques coexistent, souvent confondues. La première consiste à épargner au nom de l’enfant : le contrat lui appartient, et il en récupère la maîtrise à sa majorité. La seconde consiste à épargner pour l’enfant en gardant le contrôle sur la destination des fonds. Le choix entre ces deux approches change la fiscalité, la disponibilité et, surtout, ce qui se passe le jour des 18 ans.
Autre paramètre décisif : l’horizon. Un enfant de 2 ans laisse quinze à vingt ans de capitalisation, ce qui autorise une part de risque et récompense les enveloppes investies. Un enfant de 15 ans impose la prudence : trois ans avant l’échéance, on ne prend pas de risque de marché sur une somme destinée aux études.
Le PEAC : l’enveloppe dédiée aux moins de 21 ans
Le Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC) est un produit d’épargne réservé aux personnes de moins de 21 ans résidant en France, créé par la loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte. C’est la seule enveloppe conçue spécifiquement pour l’épargne des jeunes, et elle a remplacé le PER, désormais fermé aux mineurs depuis le 1er janvier 2024.
Ses atouts sont réels. Le plafond de versements atteint 22 950 €, aligné sur celui du Livret A. Surtout, les gains et plus-values sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, selon le ministère de l’Économie. Aucune autre enveloppe grand public ne cumule cette exonération complète sans condition de durée une fois la période de blocage respectée.
Trois limites doivent être posées clairement. D’abord, le capital n’est pas garanti : les fonds sont investis sur des supports labellisés ISR ou Greenfin, soumis aux marchés financiers. Ensuite, les fonds sont bloqués jusqu’à la majorité (18 ans), sous réserve d’une période de blocage minimale de cinq ans. Les seuls déblocages anticipés prévus concernent le décès du titulaire, son invalidité, ou le décès de l’un de ses parents.
La troisième limite est la plus importante pour un parent, et c’est celle que les comparateurs mentionnent rarement : à 18 ans, l’enfant devient seul maître du plan. Il peut retirer l’intégralité des fonds sans aucun droit de regard. Pour financer des études, ce calendrier tombe juste. Pour un capital destiné à un projet plus tardif, ou si vous souhaitez encadrer l’usage de la somme, c’est un vrai défaut. Le PEAC est par ailleurs clôturé automatiquement aux 30 ans du titulaire.
L’assurance-vie au nom du mineur : souplesse et contrôle
Un enfant mineur peut être titulaire d’une assurance-vie dès sa naissance : aucun âge minimum n’est imposé. Ce sont les représentants légaux qui ouvrent et gèrent le contrat en son nom ; lorsque les deux parents exercent conjointement l’autorité parentale, les deux signent. Dès 12 ans, l’enfant signe également.
L’intérêt premier est le temps fiscal. Ouvrir tôt fait courir le compteur des huit ans, seuil au-delà duquel s’applique un abattement annuel sur la part de gains rachetés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune (article 125-0 A du CGI). Un contrat ouvert à la naissance atteint ce seuil bien avant la majorité de l’enfant.
L’assurance-vie est aussi un outil de transmission. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux transmis au décès (article 990 I du CGI). Cet abattement s’apprécie par bénéficiaire et par assuré décédé.
Surtout, l’assurance-vie répond au défaut du PEAC sur le contrôle. Par défaut, le mineur récupère la pleine maîtrise du contrat à 18 ans. Mais un pacte adjoint, rédigé sous seing privé au moment du don, permet d’encadrer cette libre disposition. Une clause d’inaliénabilité temporaire peut bloquer les rachats jusqu’à 25 ans au maximum ; une clause d’emploi peut orienter les fonds vers un objectif précis (études, logement). C’est le levier qui répond à la crainte fréquente : qu’à 18 ans, l’enfant dilapide un capital pensé pour le long terme.
La contrepartie : l’assurance-vie ne bénéficie pas de l’exonération totale du PEAC. Les rachats après huit ans, au-delà de l’abattement, sont taxés ; les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent aux gains. Le choix entre les deux enveloppes se joue donc entre exonération fiscale (PEAC) et contrôle des fonds (assurance-vie).
Le Livret A et le Livret Jeune : la réserve, pas le moteur
Le Livret A peut être ouvert au nom d’un enfant dès la naissance. Son capital est garanti, disponible à tout moment, et ses intérêts sont exonérés d’impôt. Son plafond est de 22 950 €. Depuis le 1er février 2026, son taux est de 1,5 %.
C’est précisément ce taux qui définit son rôle. Sur un horizon de quinze à vingt ans, 1,5 % ne bat pas durablement l’inflation et ne construit pas un capital significatif. Le Livret A n’est pas un moteur de croissance : c’est une réserve de précaution liquide, utile pour loger une somme immédiatement disponible, pas pour faire fructifier une épargne longue.
Le Livret Jeune, réservé aux 12-25 ans, complète le dispositif avec un plafond de 1 600 € et un taux au moins égal à celui du Livret A. Son plafond réduit le cantonne à un rôle d’appoint. Dès que l’objectif est la croissance sur un horizon long, ces livrets cèdent la place aux enveloppes investies.
Tableau comparatif : PEAC, assurance-vie, Livret A
| Critère | PEAC | Assurance-vie | Livret A |
|---|---|---|---|
| Plafond | 22 950 € | Aucun | 22 950 € |
| Fiscalité des gains | Exonération totale | Abattement après 8 ans, puis taxation | Exonération totale |
| Capital garanti | Non | Selon support (fonds euros oui, UC non) | Oui |
| Disponibilité | Bloqué jusqu’à 18 ans (min. 5 ans) | Rachats possibles à tout moment | Immédiate |
| Contrôle après 18 ans | Aucun (enfant seul maître) | Possible via pacte adjoint (jusqu’à 25 ans) | Aucun (enfant seul maître) |
| Objectif adapté | Études vers 18 ans | Apport, transmission, contrôle | Réserve de précaution |
Quelle enveloppe selon l’âge et l’objectif ?
La bonne enveloppe se lit au croisement de l’objectif et de l’horizon. Voici les cas les plus fréquents.
Objectif études, enfant en bas âge. L’horizon long et l’échéance calée sur les 18 ans font du PEAC un candidat naturel : exonération totale, fonds disponibles au bon moment. Si l’idée que l’enfant récupère tout à 18 ans vous gêne, l’assurance-vie avec pacte adjoint reprend l’avantage.
Objectif apport vers 25-30 ans. Ici le PEAC coince : disponible à 18 ans, il ne protège pas un capital destiné à un projet plus tardif. L’assurance-vie, avec une clause d’inaliénabilité repoussant la libre disposition jusqu’à 25 ans, correspond mieux à cet horizon.
Objectif transmission. L’assurance-vie domine, grâce à l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire et à la souplesse de la clause bénéficiaire. Ouverte tôt, elle combine temps fiscal et cadre de transmission. Le démembrement de propriété peut compléter le dispositif pour des montants importants.
Enfant proche de la majorité. Trois ans avant l’échéance, on sécurise. Une somme destinée aux études à court terme n’a pas sa place sur un support risqué : Livret A ou fonds en euros d’une assurance-vie, selon la disponibilité recherchée.
Dans la plupart des cas, ces enveloppes se combinent plutôt qu’elles ne s’opposent : un socle liquide sur Livret A, un moteur long terme sur PEAC ou assurance-vie. L’arbitrage précis dépend de vos montants, de votre horizon et de votre fiscalité, et mérite un examen au cas par cas.
Épargner pour son enfant à Toulouse sud
Ces arbitrages ne se tranchent pas sur une grille générique. Le bon montage dépend de votre situation familiale, de vos revenus, de votre fiscalité et de l’horizon réel de votre projet. À Ramonville-Saint-Agne et dans le Sicoval, j’accompagne les parents et grands-parents de l’agglomération toulousaine qui souhaitent construire un capital pour un enfant sans se tromper d’enveloppe.
La démarche commence toujours par l’objectif, jamais par le produit. C’est la condition pour que l’épargne serve vraiment le projet visé, le jour venu.
Questions fréquentes
Peut-on ouvrir un PEAC et une assurance-vie pour le même enfant ?
Oui. Les deux enveloppes se cumulent. Une stratégie fréquente consiste à utiliser le PEAC pour son exonération totale sur un horizon calé sur les 18 ans, et l’assurance-vie pour le contrôle des fonds au-delà ou pour la transmission. On ne détient en revanche qu’un seul PEAC par personne.
À quel âge l’enfant récupère-t-il les fonds ?
Pour le PEAC, à 18 ans : il en devient seul maître, sans droit de regard des parents. Pour l’assurance-vie, à 18 ans également par défaut, mais un pacte adjoint avec clause d’inaliénabilité peut repousser la libre disposition jusqu’à 25 ans maximum.
Le PEAC est-il vraiment sans risque ?
Non. Contrairement au Livret A, le capital du PEAC n’est pas garanti. Les fonds sont investis sur des supports labellisés ISR ou Greenfin, soumis aux fluctuations des marchés. Une gestion pilotée sécurise progressivement le capital à l’approche de l’échéance.
Peut-on encore ouvrir un PER pour un enfant mineur ?
Non. Depuis le 1er janvier 2024, les mineurs ne peuvent plus ouvrir ni alimenter un PER. Le PEAC a été créé pour prendre le relais de cette épargne long terme dédiée aux jeunes.

